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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 18:59

L'eau de la Vernière, sur la commune des Aires, vient de remporter une médaille d'or à un concours international auquel participaient plus de 50 eaux de 20 pays différents. Si ça, c'est pas une bonne nouvelle...

A l'heure des faits divers, des magouilles politiciennes, des attentats, des carnages, des carnavals qui finissent dans le feu et dans le sang, de la lassitude ambiante, de l'angoisse du lendemain, voilà que notre eau à bulles est la meilleure du monde. Bon, ça ne nous fait jamais que vingt salariés, moins qu'à Renault ou a la NSA, mais quand même.

Moins chère qu'un mauvais champagne, meilleure que l'eau du robinet surtout en ce moment, je trinque à la Vernière. Même si ça fait un peu chauvin, c'est quand même un sujet qui ces jours-ci fait parler des hauts cantons de l'Hérault.

Bon, c'est pas tout à fait chez nous, c'est de l'autre côté du col, il faut compter 15 kilomètres ! L'eau de Cours aurait été sacrée championne du monde, on aurait eu droit aux discours et aux petits fours. Mais quinze kilomètres, comparés au monde !

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 17:09

A partir du mois de mars, on peut devenir membre de l'association Julien Portale, du nom de ce jeune tué en 2012 à Béziers. L'association a aussi besoin de dons. Retour sur les faits.

 

Le 12 Août 2012, à 3 heures 30, au premier jour de la feria de Béziers, altercation entre Julien Portale et Morgan Blouet. Il est reproché à Morgan Blouet d'avoir tué à coups de poings et coups de pieds Julien Portale parce que ce dernier s'était un peu trop approché de sa moto.

 

2015 : le procès est stoppé en plein milieu des débats. En cause : l'hospitalisation du président de la cour d'assises de l'Hérault. Blouet a été incarcéré du 12 août 2012 au 9 juin 2015 puis remis en liberté sous contrôle judiciaire.

 

Septembre 2016 : début du « véritable » procès. Révélations, instruction bâclée, témoins qui varient dans leurs déclarations, relations entre avocat et juge d'instruction, scellés ouverts, … Réquisitoire : 10 ans de prison pour Blouet. Délibération. Etonnement... Effarement... Morgan Blouet est acquitté !

 

La famille de la victime, ses connaissances, son ex compagne, personne ne comprend. Les parties civiles font appel. Il leur faut trouver de bons avocats, face aux pointures de la défense... On parle de malaise, de falsifications, de véritable gâchis... On en veut à Blouet de s'en sortir si bien, mais aussi et surtout à cette justice qui n'a pas fait son travail convenablement...

 

Suite à ce procès, un rassemblement est organisé à Béziers (voir La Tribune au 6 novembre 2016). Un appel aux dons est lancé pour participer aux frais de justice pour le procès prévu en 2017. L'affaire sera en effet rejugée, mais une autre juridiction. L'appel lancé permet de retenir alors l'attention de nombreux donateurs sur le site www.leetchi.com : https//www.leetchi.com/c/solidarite-de-julien-portale. A ce jour, plus de 2,000 euros ont été récoltés, mais il en manque encore, et beaucoup.

 

Fin février, voilà qu'une bonne surprise attend les membres de l'association Julien Portale: la mairie de Béziers lui met une salle à disposition, à la maison de quartier Georges Brassens, au 31 de la rue Albertini. Une permanence y est tenue chaque mercredi et vendredi soir. On peut contacter l'association : associationjulienportale@gmail.com.

 

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 14:21

La Maison de Services au Public (MSAP) de Saint-Gervais vient d'être officiellement inaugurée, sous l’égide de la préfecture de l’Hérault, représentée par Christian Pouget, Sous-Préfet de Béziers. La cérémonie a eu lieu en présence de Jean-Luc Falip, maire, de Michel Gardy, Directeur régional de La Poste Réseau et Banque de l’Hérault et les représentants des opérateurs partenaires. On notait aussi la présence de nombreux élus, notamment Marie-Christine Bousquet, Béatrice Négrier, ou encore les maires des communes avoisinantes de Castanet-le-Haut, Rosis, et Saint-Geniès-de-Varensal.

 

La CARSAT (Caisse d’Assurance Retraite et Santé au Travail), Pôle emploi, la CPAM et La Poste sont désormais réunis au sein d’un même lieu. Du lundi au vendredi, de 9h00 à 12h00 et de 13h30 à 15h00, ainsi que le samedi de 9h00 à 11h30, les habitants de Saint-Gervais et des alentours y bénéficieront d’une gamme étendue de produits et services de La Poste et d’un accès privilégié aux services à la population. En effet, outre l’ensemble des services postaux habituels, les habitants pourront aussi disposer d’un îlot numérique aménagé et dédié à la consultation des services en ligne des partenaires.

 

En proposant ces nouvelles missions de services à la population, La Poste contribue ainsi à la réduction de la fracture numérique par la mise à disposition d’équipements connectés. Elle garantit un accueil et un accompagnement humain de proximité et participe au maintien des services au public dans les zones rurales et de montagne.

 

Après le ruban coupé devant l'établissement, tout le monde s'est retrouvé à l'intérieur pour écouter les discours, puis, pour achever cette cérémonie, un cocktail a été servi dans la salle Moutou.

 

inauguration de la nouvelle MSAP
inauguration de la nouvelle MSAP
inauguration de la nouvelle MSAP
inauguration de la nouvelle MSAP
inauguration de la nouvelle MSAP
inauguration de la nouvelle MSAP
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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 14:19

Il fut un temps où l'on désespérait d'arriver à la Poste et d'y trouver la porte fermée. Grève ? Maladie ? Manque de personnel ? Travaux ? Fermeture définitive ? La Poste était, on le sait, en sursis. Grande nouvelle vendredi : on a inauguré la nouvelle « Maison de services au public » de Saint-Gervais-sur-Mare !

 

La Poste, mais pas que : un point d'accueil de la Caisse d’Assurance Retraite et Santé au Travail (CARSAT), de Pôle emploi, de la CPAM, y sont désormais réunis. On pourra donc venir pianoter sur un ordinateur pour y trouver toutes informations si tant est qu'on sait se servir d'un PC. A quand les leçons de conduite (puisqu'on sait maintenant que les facteurs permettent aussi de désengorger les écoles de conduite) ? Ca pourrait donner ça : « Bonjour, je voudrais connaître le nombre de points pour ma retraite, savoir si mes remboursements ont été effectués, répondre à une annonce de Pôle Emploi, prendre un rendez-vous pour ma leçon de conduite... Et puis il faut que vous m'expliquiez comment ça marche votre truc, je sais pas me servir d'une souris... Ah, et aussi, il me faudrait un timbre ! ». La queue au guichet va s'allonger...

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 17:58

L'entrée en vigueur d'une nouvelle loi adoptée dans le cadre du « Grenelle de l'environnement » fait ou va faire disparaître les panneaux publicitaires à l'entrée des villes et villages.

 

 

Cette mesure peut paraître tout à fait acceptable et même bienvenue au vu de la pollution visuelle que les publicités engendraient au bord de nos routes. A l'instar du « Trop d'information tue l'information », on pourrait ajouter : « Trop de publicité tue la publicité » ; en témoigne la pléthore d'enseignes accolées les unes aux autres depuis quelques années.

 

 

Saint-Gervais n'a pas échappé à la règle : depuis quelques jours, on a pu constater la disparition des quelques panneaux d'information (ou de publicité, au choix) qui annonçaient l'existence d'un camping, d'un commerçant et de chambres d'hôtes. Jusque-là, rien de plus normal. Sauf que...

 

 

« L’interdiction a cependant ses exceptions. Les communes de moins de 10 000 habitants liées à de grandes unités urbaines ne sont pas concernées par la nouvelle législation. Par ailleurs, des dérogations restent possibles si les panneaux concernent des produits du terroir, ainsi que des monuments et activités culturels, ou encore des manifestations temporaires ».

 

 

La crèche, par exemple, pourra donc continuer a suspendre son panneau de décembre à février. On pourra aussi continuer à annoncer un vide-grenier, une fête, une foire. Mais les commerçants et les prestataires de services, eux, ne pourront plus signaler leur activité... enfin, ça dépend où. A Saint-Gervais en tout cas, chef-lieu de canton de 700 habitants, c'est décidé, les quelques murs de pierres sèches ne seront plus cachés par des panneaux.

 

 

Il faut peut-être revenir quelques années en arrière et rafraîchir les mémoires, du temps du projet de réhabilitation du village où, déjà, on parlait de signalétique : lors de réunions entre commerçants et municipalité, on promettait l'implantation de nouveaux panneaux annonçant les commerces. Le temps a passé, les travaux ont satisfait ou suscité des colères, mais les panneaux tardaient à venir. Les pavés ont remplacé le goudron, permettant aux crottes de chiens de bien s'incruster ; les bites ont fleuri partout, permettant aux automobilistes de refaire leurs portières et d'aller se garer plus loin. Mais : Ouf ! On ne verra plus ces « verrues » d'enseignes, l'environnement ne s'en portera que mieux. Il ne reste plus désormais qu'à nettoyer les bords de routes jonchés d'emballages de MacDo, de supprimer les câbles aériens dans certains quartiers, d'enlever les paraboles, de faire l'acquisition de motos-crottes, d'acheter quelques pots de fleurs, et Saint-Gervais pourra être éligible aux « villages de caractère » tant espéré, proposé, annoncé.

 

 

L'histoire, en fait, n'est cependant pas nouvelle : en 2003 déjà, quelques villes voulaient mettre un peu d'ordre dans les panneaux afin de réduire les pollutions visuelles. Dix ans plus tard, on annonçait : « Les enseignes devront être démontées aux abords des entrées de ville ».Bref, l'immobilisme en général ne touche pas que les hauts-cantons ! Dix ans pour que les habitants obtiennent satisfaction, et que les gens de passage ne se perdent plus.

 

 

Revenons à l'actualité : les Saint-Gervaisiens se sont donc réveillés avec une nouvelle signalétique. Enfin ! Des panneaux très sobres, implantés en plusieurs endroits, indiquant l'église, la mairie, le cabinet médical, un restaurant... On pourra savoir où se trouvent les infirmiers, les kinés, mais pas la boulangerie, le taxi ou les chambres d'hôtes par exemple. Quelques petits oublis sans importance mais qui pourraient faire dire aux absents qu'eux aussi paient des impôts et qu'ils font (sur)vivre le village...

 

Post-scriptum: juste une question, pourquoi certains panneaux ont été enlevés et pas tous ? Y'a t-il à Saint-Gervais deux poids deux mesures ? On attend des réponses avec impatience...

Le mur où les panneaux publicitaires ont été enlevés.

Le mur où les panneaux publicitaires ont été enlevés.

La nouvelle signalétique.La nouvelle signalétique.
La nouvelle signalétique.La nouvelle signalétique.
La nouvelle signalétique.La nouvelle signalétique.

La nouvelle signalétique.

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 17:27

Un mur dédié au street art, créé en 2015 à Bédarieux, vient d'être remis à blanc. Non que les graffitis n'aient pas plu, mais parce que, régulièrement, le mur est repeint pour laisser la place à de nouvelles œuvres.

 

L'initiative vient de la municipalité, qui, ma foi, donne là un moyen d'expression aux jeunes de la cité. Et est aussi « destinée à réduire les tags sauvages par un travail en amont avec la jeunesse ». Nous y voilà : le street art donnerait en quelque sorte à ces jeunes l'occasion de s'exprimer autrement que par la violence. Et la municipalité canaliserait donc la révolte.

 

Quant à la « dimension artistique », on s'abstiendra de tout commentaire : l'art n'est pas à commenter ! Les goûts et les couleurs, n'est-ce pas... On se souvient alors, il y a quelques mois à peine, de cette polémique née après la Marianne, frappée par deux policiers, un street art à Grenoble qui n'avait pas plu à tout le monde... La liberté d'expression, d'accord, mais elle a des limites. A Grenoble, après la protestation des syndicats de policiers, le ministre de l'Intérieur avait même fini par émettre un tweet.

 

Il paraît que le street art est un « mouvement peu sage » (Le Point, 28/7/2016), et qu' « il existe un courant politique bien ancré au sein de l'art urbain ». Alors, encourager les jeunes, c'est bien ; encore faut-il que ce courant de liberté, sur un espace public, issu d'une commande publique, ne doive blesser personne ! Le street art : une révolution gentille ?

 

A Saint-Gervais, il ne s'agit pas d'une commande gentille, ni d'une commande tout court, mais on a eu l'occasion, en se baladant dans le village, d'y observer de méchants graffitis, d'un vert fluo, tout au long de la Vernède, jusqu'au parking des écoles. Vivement que notre municipalité mette en place un espace dédié au street art, où nos jeunes pourront s'amuser autrement...

 

street art ou grafs, ne pas confondre !
street art ou grafs, ne pas confondre !
street art ou grafs, ne pas confondre !
street art ou grafs, ne pas confondre !
street art ou grafs, ne pas confondre !
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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 09:57

La mairie et la Gaule Minière viennent de créer un parcours de pêche réservé aux jeunes de moins de 14 ans. La carte de pêche est obligatoire pour ce parcours sur le Casselouvre, qui sera aleviné régulièrement.

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 18:25

"Selon le Syndicat Intercommunal Mare et Libron, l'eau de plusieurs communes est impactée à cause des intempéries. La distribution de bouteilles d'eau minérale est organisée dans les mairies concernées.

Ce mercredi, suite aux intempéries intervenues ces dernières heures et "en vertu du principe de précaution", le Syndicat intercommunal Mare et Libron sensibilise la population. L'eau distribuée sur plusieurs communes des hauts cantons et du Faugérois est impropre à la consommation humaine. Cela concerne  les communes de Rosis, Saint-Geniès de Varensal, Saint-Gervais-sur-Mare, Saint-Etienne d'Estrechoux, Graissessac, La-Tour-sur-Orb, Le Pradal, Autignac, Cabrerolles, Caussiniojouls, Faugères, Laurens, Magalas, Roquessels et Saint-Nazaire-de-Ladarez.

 
 

Des précautions sont indispensables, en particulier pour les nouveau-nés, les jeunes enfants et les personnes âgées ou de santé fragile en général.

Des réponses à court et moyen terme

Les autres usages de l'eau ne présentent strictement aucun risque. Pour répondre aux besoins, une distribution d'eau minérale est organisée dans les mairies concernées. Un futur message indiquera le retour à une utilisation normale de l'eau potable. Le Syndicat intercommunal Mare et Libron assure que dans le courant de l'année 2017, "des stations de filtration de l'eau potable seront mises en service, afin d'éviter définitivement qu'une telle situation ne se reproduise."

 

(Source: Midi Libre).

 

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 11:33

« Lorsque la trésorerie de son village a fermé, Jacques s’est adapté. Pour payer ses impôts, il ne se déplace plus, il envoie son chèque. Quand le bureau de poste a réduit ses horaires d’ouverture au public de moitié, il s’est résigné à un « service au ralenti ». Mais depuis que la gendarmerie a déménagé l’été dernier, ce retraité de 72 ans est inquiet. « Ce n’est pas la même chose, dit-il, l’air rembruni derrière ses lunettes et sa moustache blanche. Avec le départ des gendarmes, c’est une institution qui part. »

 

Ce témoignage ne provient pas de Saint-Gervais-sur-Mare mais du département de Haute-Vienne et est publié dans Le 1 Hebdo. Il pourrait l'être ici... Ici, la trésorerie a disparu depuis longtemps, la tournée du facteur est aléatoire, les heures d'ouverture du bureau de poste ont été réduites, et si le bâtiment de la gendarmerie est là, ses occupants sont à 15 kilomètres, à Bédarieux.

 

Les nouveaux arrivants (il y en a, si, si!) sont surpris de n'y trouver aucun commerce ouvert, pas de distributeur, pas de tabac, ni de journaux. Pour les consoler, on leur dit qu'il y a encore un médecin et une pharmacie...

 

De temps en temps, et surtout à l'approche d'élections, les journaux vont à la rencontre des Français. Avant le 1 Hebdo, Le Monde avait consacré quelques pages à la « France profonde » ; La Croix s'y met aussi cette année : « A la rencontre des Français dans des régions bouleversées par les crises ».

Dans certaines régions anciennement industrialisées comme le nord ou l'est, « il y a ceux qui continuent à se battre et ceux qui ne croient plus en rien ». Je discutais récemment avec un internaute du Lyonnais, croyant (à tort) que cette région offrait encore du travail ; il m'avait répondu : « Et non, il n'y a pas plus de boulot qu'ailleurs »... J'y voyais , de l'extérieur, une file interminable de poids-lourds sur l'autoroute entre Lyon et Saint-Etienne, mais ils ne faisaient finalement qu'y passer.

Je me remémorais alors mon aller-retour à Besançon, où je m'étais rendu dans une usine à l'occasion d'un commissariat aux comptes, m'apercevant alors que rien n'est facile nulle part. Là-bas, les quelques salariés rescapés baissent la tête, et les commerçants cirent les pompes aux patrons. Et ces derniers, dans des réunions, parlent chiffres, rentabilité, et n'hésitent pas à dire : « Le mois prochain, il nous faut en virer 40 ». Les travailleurs y sont devenus des numéros, et vivent dans la peur. Et au café du coin, le patron déclare « C'est pour moi ! » à la tournée du soir devant le chef d'entreprise qui fait (sur)vivre quelques familles. A Besançon, ce sont courbettes et serrements de mains, les salariés rescapés vivant dans la peur.

Dans le midi, c'est bien pire encore : il y a longtemps que les usines et les mines ont fermé, c'est maintenant devenu de l'histoire ancienne, et seuls les gens les plus âgés ont quelque souvenir, parlant du « bon vieux temps » où les villages vivaient. Du Gard à l'Aude en passant par l'Hérault, les départements sont coupés en deux : au sud, quelques entreprises en sursis ; au nord, une désertification grandissante et inéluctable. Avec en prime des sols contaminés : des terrils après les mines, des résidus chimiques et radioactifs (Salsigne, Lodève, Avène, etc.).

Dans les hauts cantons, on résiste comme on peut. Ici, on se bat pour sauver une école ; là, une épicerie, un bureau de poste, une station-service. Les exemples sont foison. Au hasard...

Saint-Gervais-sur-Mare, 860 habitants (« banlieue » comprise), chef-lieu des hauts cantons de l’Hérault, se meurt. Le village est accueillant, certes, plaisant, aux dires des pèlerins de passage sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, cette voie d'Arles qui les mène de la Méditerranée aux Pyrénées. Même s’ils y déplorent des commerces fermés, un manque de distributeur automatique ou de ligne de bus.

Le climat, ici, n’est presque plus méditerranéen mais pas encore océanique ; il ne neige que quelques jours dans l’année même si les hivers sont longs et rudes. « Il faut en vouloir pour vivre ici » s’exclament les sceptiques ou les déçus, non pas tant par les conditions météorologiques –il y a bien pire ailleurs- mais par l’immobilisme qui règne à tous les niveaux : « Vous vivez ici, vous partez dix ou vingt ans, et quand vous revenez rien n’a changé »…

La désertification du pays est un sujet qui revient comme un leitmotiv. Ici, on résiste comme on peut, avec des fermetures de commerces, un engrenage et un cercle vicieux : une banque, une épicerie, une boucherie, un tabac, une pompe à essence, ont disparu. Les rescapés (pour combien de temps ?) : un café, une épicerie, une pharmacie, une pizzeria, un salon de coiffure et quelques chambres d’hôtes…

Quant aux services publics, malgré les mobilisations, les discours et les promesses: plus de perception et un bureau de poste en sursis dont les jours et heures d'ouverture varient au gré du vent... Quant à la tournée du facteur, elle est aussi devenue aléatoire. Evidemment, depuis la fermeture des mines il y a cinquante ans, plus de gare, et même plus de ligne de bus. Seuls subsistent quelques établissements de santé, deux maisons de retraite, avec quelques emplois à la clef : infirmiers, aides-soignants, ambulanciers. La population, minière en majorité, a vu sa moyenne d’âge augmenter ; augmentée aussi la précarité, une problématique toujours aussi vivace dans ces hauts-cantons de l’Hérault…

Seuls les politiques y croient –ou font semblant, eux qui veulent voir la bouteille à moitié pleine au lieu de la voir à moitié vide ; pas question de donner une mauvaise image du village… Le collège a résisté, lui, depuis la menace de fermeture de 1991 et la mobilisation qui a suivi ; car dans les hauts-cantons, où la solidarité n’est pas un vain mot, on sait encore se serrer les coudes quand il le faut.

Mais Saint-Gervais se meurt: quand on voit disparaître les commerces les uns après les autres, quand on constate les trottoirs déserts et les volets fermés, c’est de réalisme qu’il s’agit et non plus de pessimisme ; il n'y a de pires aveugles que ceux qui ne veulent pas voir, de pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre...

Alors, pourquoi rester ? Il y a ceux qui sont nés là, et qui n’ont pas connu autre chose ; ceux qui ont eu plusieurs expériences et qui ont préféré choisir une qualité de vie à la campagne ; et les néo-ruraux, enfin, qui ont fui la ville avec des projets frugaux. Car ici, il faut bien parler de survivance et de frugalité, il est hors de question de venir s’installer à la campagne pour s’enrichir ! Combien de temps résisteront-ils ici, ces néo-ruraux ? Enfin, il y a ceux qui restent « par défaut », faute de mieux ailleurs, qui n’ont pas envie de retrouver les incivilités, le stress, l’insécurité, plus bas dans la plaine…

Avec seulement 30% de foyers imposables,  retraités, pensionnés, allocataires du RSA ou inactifs, cela n’a jamais contribué à une reprise de l’économie locale !  Et pas question d’envisager une quelconque création d’entreprise, si loin d’une autoroute, d’une voie ferrée ou d’un aéroport. Le manque d’opportunités professionnelles, la lutte des habitants du cru pour garder leur emploi, la peur pour les populations de bouger pour aller trouver un emploi ailleurs, font qu’il y a un certain immobilisme et un accroissement de l’aide sociale ; un manque de confiance qui engendre un repli sur soi.

Le monde sportif, associatif et culturel est dans le même état : malade. Quelques bonnes volontés gardent la tête hors de l’eau en maintenant un tissu associatif assez restreint et pas très dynamique ; la faute, certainement, à la fois à une lassitude des bénévoles et à un manque de « sang neuf » au sein d’une population vieillissante et sans projet. Les acteurs du monde associatif local sont « étrangers », et quand on parle d'étrangers ici, il s'agit de gens venus de plus de cinquante kilomètres, c'est bien connu ! En réalité, ce sont les Allemands, les Hollandais, les Anglais, venus s'installer dans les hauts cantons pour profiter d'un environnement préservé (« la seule chose qu'il y a ici » disent-ils), qui se sont élevés les premiers contre des projets fous en signant des pétitions, en manifestant, et qui ont réussi à entraîner la population locale dans leur lutte  (projets d'éoliennes dans le parc naturel régional à Saint-Pons, projet de décharge de déchets ultimes à Rosis, etc.)

Saint-Gervais est à l'image de nombreux autres communes des hauts cantons : en perte de vitesse depuis longtemps. Si les habitants ne s'en plaignaient pas, c'est parce qu'ils étaient allocataires de chômage et qu'avec quelques petits boulots ici et là, ils s'en sortaient mieux qu'à la ville. Chacun a son jardin, mange à sa faim, ou du moins la misère s'y voit moins. Autre avantage d'habiter un « désert » , mais qui est maintenant aussi du passé : des taxes « relativement raisonnables », qu'il s'agisse de foncier, d'eau, d'assainissement. Mais la fourchette se resserre peu à peu, car il faut bien financer les investissements ; en cause aussi, l'adhésion à des intercommunalités ; ainsi c'est, toujours, la faute des autres...

Côté attractivité, ne nous leurrons pas : les projets restent à l'état de... projets. Le tourisme amène si peu (quelques semaines dans l'année), et la promotion du pays est bien loin d'égaler des secteurs comme le Tarn ou l'Aveyron qui n'ont pas hésité à foncer ; ainsi, à chaque début de saison, les suppléments de journaux et autres magazines continuent à ignorer les hauts cantons de l'Hérault. « Indiens » ou « sauvages » comme des hommes politiques n'ont pas hésité un temps à les surnommer ; en tout cas bien oubliés de tous.

Le marché hebdomadaire, décalé du mercredi au jeudi, n'accueille plus désormais qu'un charcutier et aléatoirement un marchand de fruits et légumes. Quant au marché aux produits du terroir, tenté à peine quelques dimanches, il fait désormais lui aussi, partie du passé : tout comme pour les foires et les vides-greniers : ici, quand ça ne marche pas une saison, on abandonne vite !

De fait, tout comme d'autres villages, Saint-Gervais est devenu un village fantôme, et les rares passants se désolent de n'y voir que des commerces fermés, des rideaux tirés et des maisons à vendre. Loin de nous d'accuser qui que ce soit, et surtout pas d'y deviner une quelconque inimitié avec les pouvoirs en place : le problème n'est pas politique, il est économique même si, on le sait, poser des questions vous case automatiquement dans le rang des opposants ! Comme partout ailleurs dans notre bonne vieille France, il faut être d'accord car si on lève le petit doigt, c'est déjà qu'on est contre...

Ceci posé, à l'instar de ceux qui déclarent « La France, tu l'aime ou tu la quitte », certains auront beau jeu de proposer un charter pour celles et ceux qui ne sont pas contents ! Ah, que ce serait facile d'ignorer les plaignants, de s'en débarrasser. Quelques-uns l'ont fait. D'autres résistent, parce que la solution est peut-être là : lutter où l'on est. Lutter, parce que ce n'est peut-être pas mieux ailleurs. Ailleurs, c'est même peut-être pire : insécurité, problèmes de voisinage, difficultés et payer pour se garer, rester coincé dans les embouteillages, travailler pour payer son loyer (liste non limitative)...

Que faire ? Quel devenir ? Quelques petites communes ont cru qu'un projet d'éoliennes (Camplong) ou de décharges (Rosis) seraient une manne inespérée. Qu'importent les problèmes, pourvu qu'on ait quatre sous... Et même à Saint-Affrique, plus haut dans l'Aveyron, ceux-là qui avaient la fierté de s'être opposés à un camp militaire... acceptent aujourd'hui une Légion étrangère... au nom de la dure réalité économique.

Alors, bien sûr, il y a eu cette tentative de désenclavement du pays, ces travaux effectués ici ou là, ces améliorations ; on ne reste plus désormais sans eau, sans électricité ou sans télévision à chaque coup de tonnerre, on roule sur des routes assez bien entretenues. Et il semblerait que la courbe démographique ait décidé de cesser sa descente aux enfers. Pour combien de temps, pour quel avenir ? La lecture de l'état civil pour 2016 nous apprend qu'il y a eu deux naissances au village, un mariage, et trente enterrements. Inverser la courbe... comment ?

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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 09:18

Oui, c'est moi. Je n'avais pas disparu, Et il fallait bien que je trouve quelque chose à dire pour La Tribune vu qu'on m'a demandé pourquoi il n'y avait plus rien...

 

Bon, pourquoi il n'y a plus rien, vous le savez autant que moi : c'est le désert ! Ok, c'est l'hiver. Je guette depuis ma fenêtre pour voir passer un chameau ou pousser un palmier, mais rien. Pas une âme qui vive, pas un chat...

 

Ah, si, il y a des faits divers. Mais a t-on le droit de parler des faits divers (d'hiver?) sans s'attirer les foudres... Je pourrais parler de quelques cambriolages ici et là, de quelques actes d'incivilité, mais à quoi bon donner une mauvaise image du village, n'est-ce pas...

 

On m'a appris une chose : le lotissement à côté de la gendarmerie est surnommé « Les favellas ». Je ne savais pas, et je me demande bien pourquoi. Aujourd'hui, je ne parlerai que d'une chose : la disparition de mon enseigne « Chez Camille », la semaine dernière. Il faut bien que les gens de l'extérieur qui lisent La Tribune sachent qu'il est bien fini, le temps où tout le monde se parlait dans la rue, où il n'y avait aucun acte d'incivilité, où les gens étaient solidaires... Nous sommes en 2017, diantre !

 

Bon : mon panneau. Qui ? Pourquoi ? Comment ? Oh, on va pas en faire tout un fromage, juste quelques suppositions, quelques hypothèses.

 

1 – Un acte de malveillance de jeunes de passage. Je dis « jeunes », parce que, en général, les actes de malveillance, ce sont des jeunes oisifs, un peu délinquants, vous voyez ce que je veux dire. Mais alors, pourquoi mon panneau et pas celui de droite et de gauche qui étaient scellés sur le mur ? Une coïncidence...

 

2 – La concurrence. Tout envisager et ne rien croire... Pourquoi en 2017, alors que ça fait quinze ans que ce panneau est installé, et que je suis toujours resté en bons termes avec mes collègues...

 

3 – Une vengeance. J'ai bien ma petite idée, mais c'est bien connu, on ne peut lancer d'accusation sans preuve !

 

Plainte a été déposée à la gendarmerie. Un papier de plus pour les futures statistiques. C'était un fait... d'hiver. Vivement le printemps.

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